Agoraphobe
Condamné pour viol en réunion, à l'âge de seize ans.C’était une camarade de son collège. Il l’a violé sans l'ombre d'un remord, dans des circonstances qu'aucun film ne pourrait retranscrire.
Elle avait quatorze ans, elle était seule ce soir là, dans cette piteuse cave. Lui, par contre, était accompagné de trois de ses amis. Ils s’échangeaient la gamine à tour de rôle, tandis que les trois autres tenaient fermement les bras et les jambes de cette jeune fille.
Je me souviens encore de son rire.
Après leurs interpellations, ils étaient assis sur le banc des gardés à vue, et ils rigolaient. Il échangeaient des blagues et se pliaient de rire.
Je crains qu’il ne soit bientôt dehors. Car la justice libère hâtivement, la justice oublie vite. Peut-être même le croiserez-vous un jour, dans une rue, proche d’une boulangerie. Peut-être vous esquissera t-il un sourire comme un banal citoyen satisfait de sa journée, et que vous lui répondrez d’un grand sourire, amicalement. Sans que personne ne se soucie de son passé. Ca me fait froid dans le dos.
Malheureusement, cette personne n’est qu’une déplorable poussière parmi des milliers, des millions d’autres qui ne méritent pas cet énorme privilège que d’être entièrement libre. J’ai beaucoup de mal à comprendre cette justice qui libère chaque jour des condamnés qui ne finiront jamais la peine prononcée un dernier jour d'audience.
Le monde est rempli de ces cinglés. Eux qui frôlent les gens que l'on aime, sans qu'un doute ne plane.
2 Comments:
Révoltant. Vivement les prochains écrits.
Agoraphobe, parfois je me demande si ce n'est pas ce que je deviens à force d'être comme toi confronté directement aux horreurs quotidiennes de la rue. Il faut pouvoir dépassé cela.
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